Tentative d’intrusion visant le PDG de Binance France : une nouvelle affaire dans la vague des kidnappings crypto
- Joshua Hepner

- 13 févr.
- 3 min de lecture

Une tentative d’intrusion a visé le domicile du dirigeant de Binance France, David Princay, dans la nuit du 12 février 2026. Trois individus ont été interpellés après deux tentatives infructueuses, dans un contexte marqué par une recrudescence des agressions ciblant des acteurs de l’écosystème crypto en France. L’affaire relance les inquiétudes autour de la sécurité des entrepreneurs et investisseurs exposés publiquement.
Une opération préparée et deux tentatives successives
Selon les informations rapportées par plusieurs médias spécialisés, trois individus armés et dissimulés sous des masques ont tenté de pénétrer dans un immeuble situé dans le Val-de-Marne, où résiderait David Princay, dirigeant de Binance France.
Les suspects n’auraient pas réussi à atteindre leur cible. Ils auraient quitté les lieux après avoir dérobé deux téléphones portables, sans faire de blessés.
Dans la foulée, le groupe aurait tenté une seconde intrusion dans une autre commune francilienne, également sans succès. Les forces de l’ordre, alertées rapidement, ont pu exploiter les données des téléphones volés ainsi que les images de vidéosurveillance pour identifier et localiser les suspects.
Les trois hommes ont été interpellés alors qu’ils tentaient de quitter la région en train. L’enquête est toujours en cours et les qualifications pénales retenues n’ont pas encore été officiellement détaillées.
Une montée des violences ciblant les détenteurs de cryptomonnaies
Cet épisode s’inscrit dans une série d’affaires similaires observées en France depuis plusieurs mois. Les autorités ont recensé une augmentation des agressions violentes visant des entrepreneurs, investisseurs ou détenteurs identifiés de crypto-actifs.
Ces attaques prennent différentes formes : enlèvements, séquestrations à domicile, extorsions sous menace, voire demandes de rançon en cryptomonnaies. Dans certains cas, les victimes sont contraintes de transférer leurs actifs numériques sous la contrainte.
Les crypto-actifs, comme le Bitcoin ou l’Ether, présentent certaines caractéristiques qui peuvent attirer des criminels : transactions rapides, absence d’intermédiaire bancaire direct et possibilité de transférer des fonds vers des portefeuilles difficiles à tracer sans outils spécialisés. Toutefois, contrairement à une idée reçue, les transactions sur les blockchains publiques restent enregistrées et traçables, ce qui permet souvent aux services d’enquête d’analyser les flux financiers a posteriori.
Le rôle possible des fuites de données
Plusieurs enquêtes médiatiques ont mis en avant un élément récurrent : l’exploitation de données personnelles issues de piratages informatiques.
Des bases de données contenant des informations sur des clients de plateformes crypto (identité, adresse, montants détenus) auraient circulé sur des forums clandestins. Ces données peuvent permettre à des groupes criminels d’identifier des cibles perçues comme disposant d’un patrimoine numérique important.
La question de la protection des données est centrale dans le secteur. En France, les plateformes enregistrées comme prestataires de services sur actifs numériques (PSAN) auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF) doivent respecter des obligations strictes en matière de lutte contre le blanchiment et de connaissance client (KYC). Ces exigences impliquent la collecte de données sensibles, ce qui accroît mécaniquement les enjeux liés à leur sécurisation.
Un défi pour l’écosystème crypto français
La tentative visant le dirigeant de Binance France intervient dans un contexte où la régulation européenne évolue rapidement. Le règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets), adopté par l’Union européenne, vise à encadrer les émetteurs de crypto-actifs et les prestataires de services afin d’harmoniser les règles et renforcer la protection des investisseurs.
Mais au-delà du cadre réglementaire, la question de la sécurité physique des acteurs devient un sujet majeur. La médiatisation des dirigeants, la transparence exigée par la réglementation et la visibilité publique des réussites financières peuvent accroître les risques d’exposition.
Pour les entreprises du secteur, cela implique de renforcer les protocoles de sécurité interne, de sensibiliser les équipes aux risques liés à l’ingénierie sociale et de revoir les pratiques en matière de divulgation d’informations personnelles.
L’affaire souligne également l’adaptation progressive des forces de l’ordre face à des crimes hybrides mêlant cybercriminalité et violences physiques.



Commentaires